2004 : 1er Article - Une Philosophie de l'Humanitaire


ESC Le Havre

Olivia du Bouëxic est étudiante à l’Ecole de Management de Normandie. Elle a passé six mois au sein du service administratif et financier d’ATD Quart Monde, comme assistante du contrôleur de gestion et du directeur de ce service. Elle souhaite, par cette expérience originale, prouver que l’on peut allier sa vie professionnelle à une passion et ce, dès la formation, montrer que le monde professionnel fait partie intégrante d’une vie. A l’heure des choix, elle conseille aux étudiants de prendre  du recul, d’avoir une bonne connaissance de soi et de ses centres d’intérêts pour espérer un épanouissement aussi bien professionnel que personnel. Olivia est une jeune femme passionnée. Elle nous livre son analyse concernant les associations humanitaires.



On peut constater une nouvelle étape de la Mondialisation. « Après l’économie, la globalisation, arrive enfin la solidarité internationale ! » L’évolution suppose des remises en question pour les Organisations Non Gouvernementales.
Des regroupements et des concentrations d’associations sont apparues, comme cela s’était passé avec les entreprises afin de bénéficier des effets de synergie et d’économie d’échelle. Les organisations humanitaires doivent faire face à la concurrence ! Toute la philosophie associative est à repenser. Cela concerne en particulier les associations françaises. Face à l’agressivité marketing des organisations américaines notamment (avec leur business, leur culte du promotionnel associatif) qui inondent les marchés internationaux à la recherche de nouveaux donateurs, nos associations ne pourront survivre ainsi très longtemps sans se faire écraser. S’engage dorénavant une véritable « guerre de l’humanitaire », à l‘assaut des donateurs les plus riches et les plus généreux de la planète… Seul mot d’ordre : séduire ! Pour cela, il faut engager une véritable « stratégie de la générosité » qui permet de pénétrer les marchés, Selon Ken BURNETT , spécialiste dans la collecte des fonds humanitaires : « Il est important que la collecte de fonds s’épanouisse dans notre société en étant basée sur le professionnalisme, la performance et des principes déontologiques irréprochables. »

 
Balancées entre organisations privées et organisations publiques, les O.N.G. présentent finalement l’éthique et la  réelle alternative aux « mécaniques administratives des états trop souvent corrompus là où sont les besoins d’intervention ». Pour autant, le mode de gestion des ONG, la plupart du temps, s’apparente davantage à de l’empilage qu’à l’organisation cartésienne d’une entreprise. Les strates sont diverses. Cela s’explique par le fort taux de turn over des bénévoles et des salariés. Dans de telles circonstances, comment une structure associative peut-elle correctement être gérée dans la mesure où la gérance associative change fréquemment, et par voie de conséquence, a du mal à suivre une réelle stratégie sur le long terme ? Les changements fréquents désorganisent les stratégies de développement déployées, obligent les associations à fonctionner sur de courts horizons alors qu’elles devraieent se pérenniser. Les structures associatives sont des structures atypiques ; leur mode de fonctionnement, en raison de la particularité de leur personnel composé à la fois de bénévoles, majoritaires, et de salariés, nécessiterait une gestion rigoureuse comme dans une entreprise.

 

Les personnes formées, diplômées, ayant acquis la culture et connaissance d'un monde, d’une population, qui a besoin d'aides concrètes, devraient pouvoir répondre correctement à ces attentes. Bien trop souvent, des entreprises, des petites associations se proposent d’agir, mais finalement déçoivent de part leur culture « trop occidentale ». Développer, aider à développer un pays, ce n’est pas imposer notre modèle de conception économique mais savoir adapter nos compétences à la culture de ce pays : une éthique professionnelle, une vie équilibrée !