2003-04 - Mémoire : Le Management Associatif



Préambule : Le rôle de l’argent dans nos sociétés


 « L’argent ne fait pas le bonheur : vrai ou faux ? » telle fut la question posée aux français par l’animateur de la chaîne télévisée France 2, Thierry Ardisson, lors de son émission « Tout le monde en parle » diffusée dans le courant du mois de mai dernier.

85% des Français s’accordèrent à contredire cette affirmation ; contre seulement 15% en faveur. Pourquoi ?

Pour tenter d’expliquer cette position, il conviendrait d’étudier ce à quoi les français aspirent lorsqu’ils pensent « argent » ; qu’est-ce que ce matériaux, paraît-il si précieux à leurs yeux, détient comme qualité si extraordinaire ; et comment, malgré cela, certains semblent le subir et le vivre comme un fardeau insoutenable dont ils sont finalement l’esclave.

Pour cela, le célèbre roman de Guy de Maupassant, Bel-Ami, constitue à mon sens une base d’étude assez intéressante qui retrace bien les différentes étapes de métamorphose que l’argent produit sur et dans la vie économique, sociale et psychologique d’un homme ainsi que dans ses aspirations face à l’argent en rapport à la vie qu’il mène : de l’objet de survie, il devient un véritable vice conduisant à la corruption. 

  

1) L’argent, un objectif d’ascension sociale : devenir riche

« L'argent est un des grands thèmes de ce roman. Dès la première page il est cité et on apprend que Duroy, le héros, est très pauvre. En effet il lui reste en tout et pour tout "trois francs quarante pour finir le mois", ce qui représente à l'époque "deux dîners sans déjeuners, ou deux déjeuners sans dîners". A partir de ce constat, Duroy va construire son ascension dans le monde, l'objectif de cet homme étant d'être riche, le plus riche. Il sait qu'il vaut mieux que cette vie de misère. Il vit dans un appartement pitoyable et lui, ancien sous-officier, est réduit à travailler dans la compagnie de chemin de fer pour un tout petit salaire. »

L’argent, pour ceux qui n’en ont pas ou peu est un objectif à la fois de survie et d’ascension sociale pour vivre mieux et pour être véritablement reconnus ; car ils ont bien compris que dans le monde qui les entoure tout est régi par le pouvoir qu’attribue l’argent à ceux qui le possède.

 

2) L’argent créé le besoin ; l’argent rend esclave

« Mais, malgré cette pauvreté, Bel-Ami se paye des "bocks" (son pêché mignon) et remet ses projets d'économies à plus tard. Heureusement, son destin rencontrera celui de Forestier, ancien compagnon d'armée de notre héros. Dès leurs retrouvailles, Forestier l'aide financièrement en lui prêtant quarante francs (somme que Forestier ne récupèrera jamais). Mais Duroy dépensera cet argent en quelques jours au lieu de l'économiser et se retrouvera de nouveau pauvre avec six francs cinquante comme fortune. C'est aussi grâce à Forestier que Duroy rentrera au journal "La Vie Française" et réussira peu à peu à monter en grade et à gagner plus d'argent. Ce rêve de richesse est attisé par la vision du milieu entourant les riches : plus de problèmes d'argent bien sûr, de belles maisons, les femmes, plus ou moins de travail et une vie facile et oisive. »

 

Trop d’argent tue le désir… si l’on reprend le célèbre adage ‘trop d’impôt tue l’impôt.’  Pourtant l’argent permet l’accomplissement personnel de son ‘Moi’ comme le théoricien et économiste… Maslow l’expliquera plus tard avec sa théorie de la « Pyramide de Maslow » : le but de chacun est de parvenir à son épanouissement personnel, qui reste donc toujours un objectif à atteindre que seul l’argent peut combler. Une fois l’objectif atteint, l’argent alors ne sert plus qu’à asservir son détenteur.

 

3) L’argent rend aveugle

« Mais pour réussir à entrer dans ce monde, il faut travailler et ruser. L'argent que lui rapporte le premier article écrit pour le journal, accumulé à son acompte mensuel dû à son nouveau travail, élève sa modeste fortune à trois cent quarante francs. Mais notre héros, tellement heureux de sa réussite, va dilapider cet argent aussi vite qu'il l'a gagné. Il n'a pas conscience que l'argent n'est pas éternel et se retrouve promu, deux mois plus tard, reporter, mais sans le sou. Il vit comme il peut au jour le jour. »

 

L’argent forge la position sociale, développe l’oisiveté et renforce les ambitions de l’homme : il rend aveugle et insouciant puisqu’il permet d’assouvir tous nos désirs, petits ou grands ; il devient seul maître directeur de nos vies, faisant abstraction de réalités parfois douloureuses, et conduisant l’homme dans un monde fait d’apparences et de superficialité.

 
4) L’argent développe les comportements individualistes et trompeurs de l’homme

« Ensuite, Duroy prend madame de Marelle comme maîtresse et se rend compte que les femmes peuvent lui être utiles pour gagner de l'argent et monter socialement. Madame de Marelle, émue par sa détresse et sa misère, lui donne de l'argent pour qu'il puisse s'en sortir. A partir de cet instant, on sait que Duroy sera prêt à toutes les bassesses pour de l'argent ou de la reconnaissance. »

5) L’argent devient un vice et une raison de vivre pour mieux écraser les autres, fort de la réussite personnelle qu’il procure à l’homme : en bref, l’argent corrompt.

« Mais le coup de Bourse qui lui rapportait soixante-dix mille francs en fait gagner quarante à cinquante millions à Monsieur Walter, son patron et rival. Duroy se trouvera donc encore petit et décidera de s'enrichir et de gagner encore et encore. Il décide de prendre sa revanche sur son patron. Pour cela il séduira Suzanne, la plus jeune et plus jolie de ses filles. D’abords bons amis, Duroy déclarera son amour à la jeune fille et lui demandera de l'épouser. Ses parents n'étant pas d'accord (son père pense qu'il n'a pas une assez bonne situation, et sa mère ne veut pas que sa fille épouse son amant), il enlèvera Suzanne jusqu'à ce que ses parents cèdent. Ce mariage apportera à Duroy dix millions de francs (montant de la dot de Suzanne) et Monsieur Walter dira de lui à ce moment là : "Il est fort tout de même. Nous aurions pu trouver beaucoup mieux comme position, mais pas comme intelligence et comme avenir. C'est un homme d'avenir. Il sera député et ministre".

 

« L’habit ne fait pas le moine » ; l’argent ne rend pas plus intelligent. Il n’existe encore à ce jour aucun lien prouvé entre ces deux paramètres, ce qui n’empêche pas d’être rusé et pourtant sans le sou. Aussi, si l’on peut naître avec toute la malignité du monde, en revanche l’argent quant à lui se gagne.

[...] 

 

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Un mémoire qui « sorte des tripes » ! Telle était, est l’ambition de cette vaste entreprise. Montrer que, les étudiants sortant des ESC ne sont pas toujours prédestinés au monde moderne de la société de consommation et du capitalisme. Bien au contraire ! Ils sont aussi bien formés pour agir en entreprises qu’en structures associatives. Finalement, ces dernières ont besoin d’eux et de leurs compétences pour « rentabiliser » les affaires associatives et pour les aider à faire face à ce nouveau facteur qu’est la mondialisation. Pour cela, compte tenu de la difficulté pour de telles structures d’obtenir une reconnaissance auprès des instances politiques, mieux vaut alors, il me semble, renforcer celles déjà labellisées plutôt que de multiplier le nombre de petites associations à vocation humanitaire qui finalement n’agissent que sur le court terme par manque de moyens. L’octroi de subventions étant souvent une entreprise difficile et hasardeuse, ces petites associations ne peuvent, en réalité, ne mettre en œuvre que des petites projets très concrets d’aide au développement  au risque aussi de ne pouvoir en assurer le suivi dans le temps (par exemple l’installation de réservoirs d’eau… )

« L’union fait la force », le célèbre adage s’applique aussi aux associations.